1001 dérives possibles de l’entreprise sans DAF !

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Et pourquoi pas une entreprise sans DAF ?

1- Rappel du contexte 

La logique de réduction de coûts dans les entreprises a conduit à la mise en place de centres de services partagés (CSP). La direction administrative et financière doit montrer l’exemple en termes d’économies. L’internationalisation des marchés et des compétences a permis à de plus en plus d’entreprises de développer des organisations sur des modèles décentralisés (Think Global Act Local).  Le développement tous azimuts des nouvelles technologies a créé un embouteillage à la direction informatique et l’émergence de nouveaux modes d’accès aux informations de gestion ; le mode SAS, le coud computing, etc.

Enfin promesse a été faite aux CFO de devenir de véritables Business Partners quand dans la pratique encore 20 % des contrôleurs de gestion rapportent directement à la direction générale ou n’ont pas accès aux outils gérant les carnets de commandes.

En quelques années les directeurs financiers ont perdu le contrôle direct sur la comptabilité (élaborée dans les CSP), et ont vu le scope de leur responsabilité changer. Ils doivent désormais animer des réseaux de Controllers rapportant de plus en plus directement à un directeur général local à partir de données extraites de systèmes situés dans les nuages…

2- L’entreprise sans DAF ? Quelques dérives possibles …

Que pourrait bien devenir une entreprise sans DAF ? Un centre de colonie de vacances géré par le comité d’entreprise ? Une ONG ?

L’absence d’un DAF pourrait aussi signifier très rapidement 3 DAF !  En l’absence d’un directeur financier on pourrait se retrouver avec la comptabilité, le contrôle de gestion et la trésorerie communicant au management ou à l’extérieur de l’entreprise des chiffres non réconciliés entre eux ou à un niveau de détail qui n’intéresserait ni le management ni les actionnaires.

Il en résulterait un discrédit sur l’entreprise.

Pas de DAF pourrait aussi impliquer pour le directeur général qu’il passe 50 % de son temps à faire lui-même le DAF. Qui s’occuperait alors des clients, de la production, des équipes ? Sans compter que le directeur général a une faible valeur ajoutée dans les aspects administratifs et financiers. Il résulterait de cette situation à la fois une perte d’efficacité et une perte de ressources.

Le cas du DAF qui s’auto dématérialise lui-même est assez fréquent. C’est une variante des cas précédents. Il s’agit du DAF qui s’occupe plus du « A » que du « F ». Un grand classique.  Il papillonne, il s’éparpille soit pour des enjeux de pouvoir ou de politique interne ; soit pour justifier son poste. Il veut s’occuper de tout y compris des ressources humaines, de l’informatique, de l’audit interne, des assurances, du juridique etc. La taille de l’entreprise (souvent la PME/PMI) l’y encourage. C’est bien connu dans la PME/PMI il n’y a personne à qui déléguer. Mais le DAF a-t-il songé à dire non ? A dire qu’il n’en pouvait plus ? Qu’il était fatigué ? usé ? Qu’il ne pouvait pas tout faire ? Qu’il avait besoin d’aide ? Quand ce n’est pas son patron qui lui demande de tout faire sachant très bien qu’il ne pourra pas être partout à la fois, qu’il ne pourra pas tout voir ni tout assumer. Conséquence de tout ce qui précède, notre DAF n’est pas ou plus du tout concentré sur le « F » (ni sur le CASH !). A un moment, il est concentré sur le « A » et il y a un loupé sur le « F ». Il est dématérialisé. C’est justice. Mais c’est l’entreprise qui paye les pots cassés. C’est injuste.

Autre variante possible, celle où c’est le directeur général qui prend directement sous sa coupe le contrôle de gestion. Le DAF n’est plus qu’un super chef comptable … Les conséquences de ce type d’organisation sont connues. Les effets d’annonce sont garantis. Le directeur général fait dire aux chiffres ce qu’il l’arrange. Il n’a plus personne pour le challenger. Grâce à sa maîtrise du contrôle de gestion, sur lequel il a la mainmise, il produit des chiffres non réconciliés avec la comptabilité. De plus en plus déconnectés de la réalité.

Enfin il y a toutes les situations d’entreprises sans « vrai » DAF. Ce sont toutes les situations où le DAF n’a de DAF que le titre mais ni la compétence, ni l’autorité, ni les moyens d’exercer correctement sa responsabilité vis-à-vis des actionnaires et du management. Le vide profite toujours à quelqu’un. Mais il en résulte toujours un discrédit sur l’organisation en général ; discrédit qui va bien au-delà des personnes et de la fonction finance.

 

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