Comptabilité – Pourquoi il faut la mettre à jour

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Pourquoi il faut toujours mettre la comptabilité à jour ?

Faire de la trésorerie sans mettre la comptabilité à jour, c’est au mieux une gageure ; au pire envoyer la boîte dans le mur !

Comptables de tous pays, rebellez-vous !

Comme disait Bernanos : « Ce n’est pas la règle qui nous garde ; c’est nous qui gardons la règle. »

Malgré la diffusion régulière de bonnes pratiques sur le cash, de nombreuses trésoreries continuent de se tendre et de souffrir, pour ne pas dire défaillir. Aussi  j’en appelle à Stendhal et à Balzac pour illustrer le principe de bon sens énoncé ci-dessus.

Comme un miroir concave ou la vérité que l’on cache …

Faut- il vraiment se méfier de la trésorerie et de ceux qui la préparent ?

Une manière d’innocenter la trésorerie et ses grands prêtres dans l’entreprise (Trésoriers, DAF, contrôleurs de gestion, quand ce n’est pas le dirigeant ou le fonds d’investissement lui-même qui prépare directement la prévision de trésorerie ; comme cela c’est plus simple : plus aucun intermédiaire entre le producteur et le consommateur !) consiste à dire que l’on ne peut faire autrement que de montrer l’entreprise telle qu’elle est, voire que l’on mentirait (les DAF n’aiment pas mentir !) si on la faisait imaginer autrement. Elle n’est qu’un miroir…

Stendhal a cette formule dans le Rouge et le Noir : « Le roman est un miroir qu’on promène le long d’un chemin ». Le miroir n’est pas responsable de ce qu’il montre. Et donc pas davantage la trésorerie, qui est le miroir (aux alouettes ?) par excellence ! Mais si l’on veut parler de miroir, il faut savoir de quel miroir il s’agit : plan ou concave, c’est-à-dire neutre ou déformant ? La trésorerie ne concentre-t-elle pas singulièrement les éléments qu’elle reflète ? Les hypothèses que l’on rentre un peu facilement dans les tableurs, notamment celles sur le chiffre d’affaires, ne sont-elles pas de grossiers raccourcis ? Les lois d’encaissement et de décaissement retenues correspondent-t-elles à la réalité des derniers mois d’activité ? Des dernières semaines ?

N’en est-il pas ici comme d’un rayon de soleil qui, renvoyé par un miroir plan, ne peut qu’éblouir, mais qui, réfléchi par un miroir concave, peut provoquer un incendie ?

L’une des raisons pour lesquelles il faut se méfier de la trésorerie, et toujours la compléter par une analyse issue de la comptabilité (qui seule peut expliquer les marges et les leviers de la rentabilité), consiste dans le fait que l’accès à la trésorerie n’est pas analytique mais toujours synthétique. Alors que la comptabilité générale et la comptabilité analytique ne se livrent que dans l’espace et le temps des lignes parcourues dans les détails (le diable ne se cache-t-il pas dans les détails ?), la trésorerie se donne le plus souvent en bloc, sans souffrir la moindre discussion. Contrairement au langage de la comptabilité, la trésorerie, seule, livrée à elle-même, ne sait pas dire « peut-être ». Elle montre la présence (de cash) ou l’absence. Elle est étrangère aux jeux de la pensée, aux hypothèses, aux postulats.

J’emprunte à Balzac son expression « les rienologues » pour décrire les rois du tableur, les princes de la modélisation des free cash flows, les apprentis sorciers de la trésorerie déconnectée de la comptabilité : « La page a l’air pleine ; elle a l’air de contenir des idées ; mais quand on y met son nez, on sent l’odeur des caves vides. C’est profond et il n’y a rien. L’intelligence s’y éteint comme une chandelle dans un caveau sans air. Ce robinet d’eau chaude glougloute et glougloutera in saeculo saeculorum sans s’arrêter. »

Mais ce que la trésorerie perd en capacité expressive, elle le gagne en immédiateté. C’est bien connu, les comptables sont toujours en retard… C’est une image, une photo, et comme toute image, elle est immanquablement influencée par les intentions ou le désir de celui qui la regarde (quand elle n’est pas carrément manipulée par celui qui l’élabore !). Cette image, cette photo, n’est pas simple, car sans la comptabilité elle ne donne pas de clés pour sa compréhension.

Eduquer notre regard à toujours agir comme un rasoir à deux lames : la trésorerie (outil synthétique pour dire les faits) et la comptabilité (outil analytique pour expliquer les causes) n’est pas une mince affaire…

 

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