Crise ou crises ?

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La crise ? Quelles crises ?

Mais enfin de quelle crise-parle-t-on ? La crise se réduit-elle à la seule dimension économique ? Ne touche-t-elle pas des domaines aussi variés que l’éducation, l’autorité, la transmission, la culture, les valeurs ?

L’omniprésence des médias, la prolifération des discours politiques tend à nous présenter la crise uniquement sous l’angle économique et financier : la crise des subprimes, la crise économique, la crise du chômage, la crise de l’Euro, …toujours de façon négative et jamais de façon positive ou tout au moins objective. Ne parle-t-on pas pourtant dans le langage commun de crise de la puberté ? C’est un moment particulier de l’adolescence. Cela ne dure pas. Nous le savons bien. Il y a un avant et un après. Le problème c’est que l’on ne se pose jamais la question de savoir ce que l’on entend derrière le mot crise.

 

De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce qu’une crise ? Et pourquoi parle-t-on de crise infinie ?

La crise prendrait sa source dans l’effondrement de l’idée de progrès, vers quoi jusqu’alors tendait l’Histoire. Plusieurs événements y ont contribué : La révélation de la tragédie qui s’est déroulée dans les camps de concentration, les expériences totalitaires du XXème siècle, les retournements du progrès technique (ces découvertes à priori positives, telles que le nucléaire, dont s’est révélé  le potentiel destructeurs), la croissance démographique, la prise de conscience que les ressources naturelles de la Terre sont limitées…Le rapport à l’avenir a changé et l’expérience que nous avons du temps a changé aussi. Tout va de plus en plus vite même si on a l’impression que rien ne change…L’individu se vit comme souffrant et sa souffrance est d’autant plus grande qu’il ne voit pas comment il va s’en sortir …

On parle alors de la crise comme s’il s’agissait d’un état permanent. De crise sans fin. Et c’est d’ailleurs souvent comme cela qu’elle est vécue et ressentie dans les entreprises et dans la société en général. Et ce sentiment de souffrance ou de désespérance est accentué en période de crise économique par des considérations liées à la survie. Les individus sont sous la contrainte de l’économie pour assurer leur subsistance au jour le jour : Comment vais-je payer mon loyer ? Mes factures ? Que se passera-t-il si je perds mon travail ? Ce n’est pas du fantasme. C’est du réel. Au point que le règne de la nécessité l’emporte sur le règne de la liberté. Tout se passe comme si la crise économique concentrait toutes les difficultés du vécu. En réalité, à supposer que certains problèmes économiques soient résolus demain, on ne sortirait pas de la crise pour autant.

Pourtant, classiquement, la crise est un état d’exception dont on doit sortir. Dans le registre médical par exemple, la crise c’est le moment particulier de la maladie où on se trouve face à une alternative : la vie ou la mort. Mais la crise est aussi synonyme de décision. C’est une situation particulière où il y a une nécessité de prendre une décision pour en sortir. On parle alors de cellule de crise… Et que fait-on généralement dans cette cellule de crise ? On prend du recul, on analyse, on exerce son jugement voire on critique les raisons ou les vieilles pratiques qui ont fait que l’on se retrouve dans une telle situation, et après avoir analysé, critiqué, etc. on tranche et on décide. Crise et critique sont donc associées.

La crise est aussi une expérience du temps. Le temps se rétrécit tout à coup. On sort de chez soi ou de son train-train quotidien et l’on ne reconnaît plus rien ni personne. On est perdu parce que l’on ne reconnaît plus les repères qui existaient jusqu’alors.

 

Quelles pistes pour en sortir ?

C’est lorsque nous avons perdu les repères traditionnels qui nous permettaient de juger que l’on peut relancer notre capacité de jugement et surtout notre capacité d’agir. Je ne dirais pas vive la crise, ce serait irresponsable. Mais je dirai qu’on peut appréhender la crise comme une force positive qui nous oblige à nous remettre en cause et à penser autrement. De nombreux philosophes tentent d’ailleurs de penser les crises comme des étapes nécessaires vers la réconciliation entre l’homme et le monde, et la réconciliation de l’homme avec lui-même. La crise n’est que la métaphore de l’anxiété de l’homme face à l’avenir. L’homme est-il devenu un moins que rien dans l’univers ou au contraire-a-t-il une place fondamentale dans le monde et dans l’histoire ? Le présent est toujours opaque à lui-même. Notre présent nous est opaque. Il nous est très difficile de savoir si nous avons franchi un cap, passé un seuil ou fait le pas. « Faire un nouveau pas, prononcer un nouveau mot, c’est ce que les gens craignent le plus ». Fiodor Dostoievski.

 

L’enchaînement des causes …

Cet article n’a pas pour but de traiter de tous les aspects de la crise. D’ailleurs ce que l’on appelle crise dans les entreprises prend des formes très diverses : crise de performance, crise de solvabilité,  crise de trésorerie, crise de confiance, crise de croissance, crise de management, crise de succession, etc.

On parle donc de crises au pluriel …Souvent une crise en entraîne une autre. Une crise de management peut entraîner une perte de confiance des actionnaires ou des salariés et avoir pour conséquence un changement de management ou une grève. Une perte de confiance des clients, des fournisseurs ou des banquiers peut se transformer en une crise de liquidité. C’est l’effet domino. Les choses s’enchaînent. Et le plus petit dénominateur commun à toutes ces crises c’est, qu’à un moment, la conséquence de ces crises impactera la trésorerie de l’entreprise, remettant en cause sa crédibilité, sa solvabilité ou son indépendance. Sans oublier le coût de ses financements. Toutes les crises n’ont pas une origine économique ou financière. En revanche toutes les crises ont à un moment ou à un autre des conséquences financières …Nous ne vivons pas dans un vase clos. On parle de plus en plus de l’entreprise et de son écosystème au sens large. Les entreprises, les dirigeants, les salariés, les actionnaires, les fournisseurs, les banquiers, les clients, les concurrents, les journalistes et les médias sont tous ouverts sur le monde, qu’ils soient connectés à internet, qu’ils écoutent la radio ou qu’ils fassent partie de réseaux sociaux …Tout finit par se savoir …Il est même de plus en plus difficile à l’instant T de démêler le vrai du faux. Nous vivons dans un monde ouvert. Il faut l’accepter. Un monde le plus souvent porteur de mauvaises nouvelles. C’est un fait. Un monde où la crise a fait son œuvre : sur les esprits et sur les comportements. Anticiper et gérer les crises financières dans une entreprise c’est aussi prendre conscience de cet environnement. La crise fait peser sur nous la contrainte économique ; c’est vrai.  Elle a introduit dans nos esprits cette fâcheuse tendance à la désespérance et au repli sur soi ; c’est aussi vrai. Mais la crise nous encourage et nous offre l’opportunité, quand elle ne nous y force pas carrément, à faire au minimum deux choses très salutaires pour l’entreprise :

  • Renforcer (reconquérir parfois) nos facultés de jugement pour penser les solutions autrement ; car les crises sont aussi sources d’opportunités,
  • Faire le pas en avant qu’il faut pour agir ; et notamment pour agir en équipe.

 

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