Vrai travail du Directeur Financier – Vers un CFO plus festif

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Le « vrai » travail du Directeur Financier (suite et fin)

 « Vrai » travail ou « vraie » fête du travail ? Changer l’ambiance à la direction financière ! Vers un CFO plus « festif » ?

Changer l’ambiance à la direction financière est souvent une étape incontournable afin de changer le regard des autres directions sur la direction financière. Comment faire ? Quand plus personne ne croit à l’entreprise sur le long terme ? Quand plus personne ne pense qu’il y fera carrière ?

Dans beaucoup d’entreprises les collaborateurs n’y croient plus. On leur a trop promis. Ils ont été déçus… Génération Y ou pas c’est le règne du « Ici et maintenant ! ». Comment sur des temps courts recréer la confiance, condition de la performance, avec des équipes qui se projettent très peu dans l’entreprise et dans ses projets ?

Quelques pistes qui ont fait leur preuve :

  • Le CFO ne peut à lui tout seul changer le monde. Ni changer le niveau de détail (de plus en plus fin) de l’information demandée dans le reporting par les actionnaires ou par le groupe. En revanche, la motivation des collaborateurs est plus liée à la question du partage de l’information à l’intérieur de l’équipe qu’à l’information produite en elle-même. Les CFO ont beaucoup à faire dans ce domaine…Organiser le partage et la circulation de l’information dans leur équipe …Voilà un premier levier à actionner !
  • L’activité de la direction financière est rythmée selon des cycles prévus le plus souvent longtemps à l’avance. Certaines dates sont plus importantes que d’autres (envoi du reporting ou du reforecast, finalisation du budget, sortie des comptes annuels,..). Il y a moyen de  célébrer certains instants. Ritualiser et socialiser les moments de vie ! Voilà un second levier à actionner par les CFO !

Il appartient au CFO de combler l’angoisse ambiante dans les fonctions support (la peur de perdre son job, de ne pas être reconnu à sa juste valeur par l’organisation, de ne pas avoir de perspectives, etc.) par la remise en place d’un sentiment d’appartenance à l’intérieur des équipes comptabilité, contrôle de gestion et trésorerie/cash management. La culture du résultat mais aussi de la convivialité ! Work hard Play hard !

Partout et à tout moment, il appartient au CFO de lancer ou de relancer la dynamique vertueuse suivante :

Information => Partage de l’information => Réseau d’échange => Rituel festif => Cohésion !

Il s’agit de redonner des repères et de l’estime de soi par l’appartenance à des réseaux (groupes de travail et de partages d’expériences).

 

La guidance par la ressemblance …

Au CFO (dont l’avenir dans l’organisation est souvent aussi incertain que celui de ses collaborateurs) d’être moins dans le « Patriarcat » et plus dans le « Fratriarcat ».  Je te respecte car tu me ressembles. Nous partageons les mêmes expériences A lui de libérer le travail ! A lui d’encourager la créativité dans son équipe ! A lui de montrer l’exemple !

Que peut-il bien faire dans un contexte où les budgets sont contraints, l’horizon (promotions, augmentations de salaires, bonus, formations, etc.) est bouché, le soutien de la direction générale pas évident ?

Il y a tant de choses à faire, tant de choses que les CFO n’ont pas encore expérimentées :

  • Animer des réseaux,
  • Encourager les groupes de réflexion ou de travail,
  • Promouvoir la diversité,
  • Créer des équipes pluridisciplinaires,
  • Ecouter les signaux faibles,
  • Encourager l’action et la prise de risques,

Le CFO doit être plus animateur et moins décideur …

  • Animateur des trois métiers principaux qui composent la direction financière (comptabilité, contrôle de gestion et trésorerie) et qui font appel à trois formes d’intelligence différentes

Le CFO doit trouver le bon équilibre (effectifs et qualité des collaborateurs) entre les trois métiers (pas de trous dans la raquette) et répartir son temps et son attention de manière équilibrée entre les trois métiers…

  • Pas de « chouchous » ni de délaissés …pas de service « croupion » non plus !

Le CFO doit se concentrer sur les  « délivrables » c’est-à-dire sur la production…C’est quoi la production d’un CFO ?

Quand peut-on dire du CFO qu’il a fait son job ?

La réponse tient en trois points :

  1. Balances âgées analysées et diffusées jusqu’aux commerciaux toutes les semaines
  2. Marges par produits et par clients expliquées mensuellement en comité de direction
  3. Prévisions de trésorerie à 12 mois fiabilisées et mises à jour toutes les semaines

flechenoir Tout ceci raccroché bien sûr à la balance générale

C’est tout ? C’est cela la « normale » attitude ?

Effectivement rien de très génial. Rien de très bling-bling ! Rien de très sexy ! Que des choses utiles à l’entreprise, à sa direction générale et à ses actionnaires. Et comme c’est encore la crise et que les financements sont plus chers et plus aléatoires … on peut ajouter deux choses :

  1. Calcul du point mort mis à jour régulièrement
  2. Mise à jour du business plan au fil de l’eau

Je pressens comme une déception chez le lecteur qui aimerait, à ce stade, entendre parler du CFO stratège, du CFO copilote de l’entreprise, du CFO business partner…Je n’ai rien contre mais l’expérience accumulée ces dix dernières années plaide pour la plus grande humilité : crise ou pas crise, ce qui fait sombrer les entreprises ou ce qui accroit leurs difficultés c’est la perte de contrôle sur les fondamentaux de la gestion. Un seul chemin pour remonter la pente : remettre en place ces fondamentaux. Et comme l’a très bien expliqué Patrick CHAUVEL (voir rubrique Le chemin) : « Il faut aimer le chemin ». C’est une des conditions essentielles du retour à la performance. Le DAF normal c’est celui qui aime le chemin des fondamentaux. Passionnément !

 

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